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Barbares

Les Romains ont appelé ainsi les peuples germaniques ou orientaux (Huns), qui ont envahi l’empire à partir du IIIème siècle. Mauriac n’a pas été épargnée. Il est probable qu’elle a été touchée par les invasions terribles de 256 et 272 après J.-C. qui ont détruit les villes. Puis, à coup sûr, la cité gallo-romaine reçoit, après 406, les remarquables et puissants Wisigoths, plus civilisés que les Francs mais chrétiens ariens, ce qui les fragilisera. Ils devront céder aux Francs l’Aquitaine romaine comportant l’Auvergne, qu’ils occupent en masse, après leur défaite de 509 à Vouillé près de Poitiers.
Ils se retirent alors en Espagne et repoussent en Afrique du nord les dangereux Vandales.
L’Auvergne devient Franque et le monastère Saint Pierre sera la marque d’une présence des Francs dans ce Vicus (bourg) gallo-romain, demeuré en fait une cité celte, conservant son nom celte tiré de mori, l’eau, tout comme Moret sur Loing ou Morlaix.
Contrairement à certains textes locaux, Mauriac ne verra pas Attila. La bataille des champs catalauniques n’a pas eu lieu à Mauriac. On sait tout à présent de l’itinéraire d’Attila, grand chef de guerre cultivé et romanisé, dont le rêve était d’être reconnu par Rome et de s’établir dans l’empire, idéal de prospérité et de progrès de cette époque.
Venant de Paris, l’armée du chef des Huns, comportant le peuple wisigoth et d’autres peuples germaniques, assiège Orléans puis bifurque vers la Germanie. Les champs catalauniques sont évidemment sur leur trajet, près de Chalons sur Marne, au pays des Catalauni, sur une vaste plaine. Attila, en réalité invaincu, mais redoutant comme tous les orientaux les batailles indécises, laisse le champ de bataille à son ami d’enfance et de toujours (sic), le général romain Aetius.
L’histoire reconnaît depuis peu que les prétendus barbares étaient conduits par des chefs alliés de Rome, souvent généraux de l’armée romaine comme le père de Clovis et attirés par la Gaule prospère et la mer.
La Gaule sera franque, mais restera celte et romaine. On y parlera le latin mêlé de gaulois, dont le Français est issu et non, comme en Angleterre, la langue germanique. Par contre, les élites, future noblesse française, seront des descendants du vainqueur, les Francs.

Alain Goldfeil